• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

L'expérience modifie le volume cérébral d’un papillon de nuit

La sensibilisation à une phéromone sexuelle ou à un son de prédateur augmente ce volume.

Lobes antennaires d’un papillon de nuit (peinture à l’huile, 32x22 cm) © Bruno Gadenne
Mis à jour le 29/06/2016
Publié le 28/06/2016

Les insectes ont développé des stratégies efficaces pour s’adapter à des changements continuels de leur environnement et l'expérience joue un rôle important dans les mécanismes d'adaptation. Chez un insecte lépidoptère ravageur, nous avons déjà montré qu’une brève pré-exposition à un stimulus odorant (phéromone sexuelle), mais aussi gustatif (sucre) ou acoustique (son de chauve-souris, prédateur) peut améliorer, a posteriori, les réponses comportementales et neuronales à la phéromone sexuelle. Ceci révéle un mécanisme de sensibilisation qui permet à l’insecte d’optimiser la perception de signaux biologiquement importants.

Il est maintenant clairement admis que le cerveau des insectes, comme celui des vertébrés, est plastique: il peut subir des modifications physiologiques mais aussi anatomiques en réponse à l’expérience ou l’apprentissage. Nous avons donc testé l’hypothèse que les structures cérébrales impliquées dans la perception des signaux sensoriels pouvaient être modifiées après une pré-exposition à des stimuli olfactifs, gustatifs ou acoustiques. Nos résultats montrent que les volumes de certains glomérules olfactifs qui constituent les lobes antennaires, premier relais cérébral olfactif, ainsi que celui des calices des corps pédonculés, centre supérieur de l’olfaction et de la mémoire, sont augmentés après une brève exposition à la phéromone sexuelle ou aux ultrasons de chauve-souris. Par contre, nous n’avons pas observé de changements morphologiques des structures cérébrales après pré-exposition à un stimulus sucré, bien que la sensibilité du papillon mâle à la phéromone augmente.
Ces résultats suggèrent que l’insecte est capable d’optimiser la perception de stimuli sensoriels importants pour sa survie et sa reproduction en modulant les structures morphologiques cérébrales impliquées.

représentation schématique d’un cerveau de papillon AL lobe antennaire, MBC calices des corps pédonculés
représentation schématique d’un cerveau de papillon AL lobe antennaire, MBC calices des corps pédonculés

Publication associée : Anton, S., Chabaud, M.-A., Schmidt-Büsser, D., Gadenne, B., Iqbal, J., Juchaux, M., List, O., Gaertner, C. & Devaud, J.-M. (2016) Brief sensory experience differentially affects the volume of olfactory brain centres in a moth. Cell Tissue Res., 364, 59-65.
  

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire