Du réel au virtuel, les rosiers tournent, mais pas la tête

L’analyse sensorielle de rosiers virtuels en rotation permet de les différencier sur leur aspect visuel en 3D.

Tige fleurie de rosier 'Radrazz' Knock out © Morgan Garbez
Mis à jour le 15/09/2014
Publié le 08/09/2014

La qualité visuelle est un paramètre majeur dans l’acte d’achat d’une plante d’ornement. Pour dynamiser et anticiper le marché, l’identification des attentes des consommateurs et des leviers permettant d’y répondre représentent deux démarches clés. Il faut donc pouvoir caractériser objectivement l’apparence visuelle des plantes, puis, l’expliquer par des paramètres biologiques déterminants qui décrivent leur architecture. L’utilisation de la modélisation virtuelle présente de nombreux avantages tant sur le plan pratique qu’expérimental. Elle permet aussi d’envisager des outils d’aide à la décision pour mieux contrôler les cultures. Couplée à l’analyse sensorielle, des outils d’aide à l’innovation seraient alors envisageables pour être plus réactif face à l’évolution de la demande.

Image animée d’un rosier (‘Radrazz’ Knock Out®) virtuel à 5 mois en rotation © P. Favre, M. Garbez
Image animée d’un rosier (‘Radrazz’ Knock Out®) virtuel à 5 mois en rotation © P. Favre, M. Garbez

 
Grâce à des rosiers virtuels, l’équipe Arch-E de l’unité IRHS (Inra-Agrocampus Ouest-Université d'Angers) et l’unité Grappe (ESA) ont montré qu’il est pertinent d’utiliser des vidéos de plantes en rotation pour l’analyse sensorielle [1]. La présentation des plantes en rotation sur vidéo, contrairement à une présentation sur photographie, permet une prise en compte et une visualisation en 3D. Les rosiers virtuels utilisés ont été générés à partir d’une base de données décrivant l’architecture de plantes en pots âgées d’environ 5 mois. Bien qu’identiques génétiquement et ayant suivi les mêmes conditions de culture, il existe une variabilité architecturale entre les plantes. Cette variabilité, bien que faible, reste suffisante pour former de manière fiable des groupes de rosiers différents. Les principaux critères utilisés par les juges pour former ces groupes sont la ramification, la symétrie, la compacité, la densité du feuillage, les dimensions, mais aussi la forme, et sa régularité observable en 3D grâce à la rotation. Ces premiers résultats encourageants obtenus sur des plantes virtuelles pourront être transférés ultérieurement dans des protocoles avec des plantes réelles.

Publication associée : Garbez, M., Galopin, G., Sigogne, M., Favre, P., Demotes-Mainard, S., & Symoneaux, R. (2014 ‘In press’). Assessing the visual aspect of rotating virtual rose bushes by a labeled sorting task. Food Quality and Preference. doi: http://dx.doi.org/10.1016/j.foodqual.2014.06.008.

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