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Intérêt du croisement pour les troupeaux Holstein

Des gains sur la fertilité, la santé, la longévité et la qualité du lait et, aussi, sur la rentabilité.

Troupeau Holstein © C. Dezetter
Mis à jour le 13/10/2017
Publié le 05/10/2017

En dépit de son intérêt potentiel, la pratique du croisement entre races bovines laitières reste très peu développée dans de nombreux pays, tout spécialement en France. En effet, l’existence d’écarts de performance entre races laitières et d’effets d’hétérosis pour les caractères de production, de reproduction et de santé indiquent que les vaches F1 Montbéliarde x Holstein peuvent être très compétitives par rapport aux vaches Holstein. Cependant, l’effet de l’introduction du croisement sur les performances du troupeau est logiquement différé dans le temps (il faut que les femelles F1 nées atteignent l’âge d’entrée en production, c’est à dire 9 mois de gestation et 30 mois avant le premier vêlage en moyenne) La période de transition, entre la mise en place du croisement et l’obtention de ses effets, n’a jamais été prise en compte dans les rares approches technico-économiques à l’échelle de l’atelier laitier. Cette absence de repères économiques peut expliquer le faible intérêt des éleveurs.

L’objectif de cette étude a donc été d’évaluer, par simulation à court, moyen et long termes, les résultats technico-économiques d’ateliers laitiers, initialement en race pure Holstein, dans lesquels le croisement avec d’autres races laitières est introduit. L’hypothèse était que l’intérêt du croisement pouvait varier en fonction des schémas de croisement et des races retenues mais également en fonction de l’état initial de l’atelier, en termes de conduite, de performances de production, de reproduction et de santé du troupeau. Un modèle dynamique individu-centré, mécaniste et stochastique a été conçu afin de prendre en compte les effets génétiques additifs et non-additifs sur les performances animales. Trois schémas de croisement ont été simulés sur 15 ans : Holstein x Montbéliarde, Holstein x Montbéliarde x Normande et Holstein x Montbéliarde x Rouge Scandinave.

Après introduction du croisement, l’évolution de la composition du troupeau est progressive (Figure). En comparaison au maintien en race Holstein, après 5 années de simulation et pour la période ensuite étudiée de 10 ans, une baisse de la quantité annuelle moyenne de lait produite par vache est observée, mais celle-ci était contrebalancée par l’élévation des taux butyreux et taux protéique, de la fertilité, de la santé de la mamelle et de la longévité. L’introduction du croisement a entrainé une augmentation moyenne sur 15 ans du revenu dégagé sur l’atelier laitier allant de 20 à 117 €/vache/an selon les situations simulées. L’amélioration était la plus marquée pour les croisements, à trois voies, appliqués aux troupeaux avec une prévalence initiale élevée des troubles de santé et de reproduction et avec un objectif de maintien du volume de lait livré.

Évolution de de la composition génotypique d’un troupeau après introduction du croisement (HO=Holstein). © Inra, C. Dezetter
Évolution de de la composition génotypique d’un troupeau après introduction du croisement (HO=Holstein) © Inra, C. Dezetter

Dans le contexte actuel de prix instables, tant pour les intrants que pour le lait commercialisé, le croisement entre races laitières apparait comme une voie pertinente pour améliorer les performances technico-économiques des ateliers initialement en race pure Holstein et produisant jusqu’à 9000 L/vache/an. Cependant, les effets bénéfiques ne sont obtenus à plein qu’au bout de 10-15 ans, et en soumettant tout le troupeau à un schéma de croisement rotatif. Ces effets sur la rentabilité sont toutefois suffisants pour que les conseillers d’élevage incluent l’alternative représentée par le croisement dans leurs prestations auprès des éleveurs.

Partenariat : ce travail a été conduit dans le cadre d’un partenariat entre l’UMR Inra-Oniris BioEpAR et l’unité URSE de l’ESA d’Angers et a constitué l’un des volets de la thèse de Charlotte Dezetter. Le premier volet de la thèse a été conduit à l’UMR Inra-APT GABI et à l’UMT IDELE-GABI 3G du centre de Jouy. Le contrat doctoral et les travaux ont été financés par PASS’SAS (Groupe COOPEX).

Publication associée : Dezetter, C., Bareille, N., Billon, D., Côrtes, C., Lechartier, C., & Seegers, H. (2017). Changes in animal performance and profitability of Holstein dairy operations after introduction of crossbreeding with Montbéliarde, Normande, and Scandinavian Red. Journal of Dairy Science, 100, 8239–8264. https://doi.org/10.3168/jds.2016-11436

Télécharger la thèse
https://www6.angers-nantes.inra.fr/bioepar/content/download/3920/44834/file/th%C3%A8se_Charlotte_Dezetter_VF.pdf

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Santé animale, Génétique animale
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Pays de la Loire