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Insecticide et activité cérébrale d’un ravageur

A faible dose, un insecticide néonicotinoïde peut stimuler l’activité cérébrale olfactive et favoriser sa reproduction.

Papillon mâle de la noctuelle Agrotis ipsilon avec l’organisation de son cerveau en surimpression. © Inra - Univ. Angers, M. Renou et A. Abrieux
Mis à jour le 13/05/2016
Publié le 27/04/2016

La lutte contre les ravageurs des cultures repose principalement sur l’utilisation d’insecticides neurotoxiques comme les néonicotinoïdes qui perturbent le fonctionnement du système nerveux. Cependant, l’utilisation intense de ces molécules induit l’accumulation de résidus dans l’environnement. De récentes études démontrent les effets néfastes de ces molécules à faible dose sur le comportement des insectes "utiles" comme les abeilles, mais aussi, des effets positifs inattendus sur la reproduction de certains ravageurs.

Les papillons de nuit, qui comptent de nombreuses espèces de ravageurs aux stades larvaires, utilisent l’olfaction pour leur reproduction : le mâle est attiré par la phéromone sexuelle émise par la femelle. Un insecticide néonicotinoïde, la clothianidine (ou Poncho®), peut, à certaines faibles doses, perturber, voire améliorer la réponse comportementale des mâles à la phéromone d’une noctuelle ravageuse des cultures. Pour comprendre l’origine de ces modifications comportementales, les effets de cet insecticide sur l’insecte ont été testés par des enregistrements électrophysiologiques de l’activité neuronale olfactive périphérique (sur l’antenne) et centrale (dans le centre olfactif cérébral appelé lobe antennaire). Les résultats montrent que les doses de clothianidine qui augmentent ou diminuent la réponse comportementale des mâles à la phéromone modifient de la même façon la sensibilité des neurones centraux dans le lobe antennaire, alors que ces mêmes doses n’ont pas d’effet sur le système nerveux périphérique. Ces résultats suggèrent que le cerveau d’un insecte ravageur est capable de s’adapter à un stress insecticide en modulant son activité neuronale olfactive.

Partenaires : ce travail réalisé par l’équipe Neuroéthologie de l'unité RCIM s’inscrit dans le cadre du programme ANR-BioAdapt PHEROTOX.

Référence de l’article : Rabhi K.K., Deisig N., Demondion E., Le Corre J., Robert G., Tricoire-Leignel H., Lucas P., Gadenne C. and Anton S. Low doses of a neonicotinoid insecticide modify pheromone response thresholds of central but not peripheral olfactory neurons in a pest insect. Proc. R. Soc. B. 283: 20152987.

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Santé des plantes et environnement
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Pays de la Loire