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Durée de gestation raccourcie lors d’infection virale chez la vache

Ce phénomène pourrait être utile pour des alertes à l’échelle territoriale.

. © Inra-Oniris, UMR BIOEPAR
Mis à jour le 17/03/2016
Publié le 10/03/2016

Au cours de la dernière décennie, plusieurs maladies virales transmises par des insectes ont émergé chez les ruminants d’Europe. C’est le cas de la fièvre catarrhale ovine (FCO) due au sérotype 8 du Bluetongue Virus (BTV) qui, après être déjà apparue en 2007, s’est à nouveau répandue en France en 2015. Une première étude conduite à l’UMR BioEpAR avait permis d’identifier que l’augmentation de la proportion de vaches laitières présentant une durée de gestation courte (inférieure au premier quartile de la distribution considérée comme normale, c’est-à-dire inférieure à 279 jours en race Holstein – où la durée de gestation moyenne allait de 282 jours en race Holstein à 287 jours en race montbéliarde) pouvait offrir un intérêt pour le dépistage d’une épidémie de FCO. L’objectif de cette seconde étude était de quantifier l’augmentation de la fréquence des durées de gestation courtes dans les troupeaux exposés au virus, en distinguant les exploitations pour lesquelles au moins un cas clinique avait été notifié, de celles pour lesquelles aucune déclaration n’était intervenue.

L’exposition au virus s’est avérée être associée à une augmentation de la fréquence des gestations courtes dans les 2 catégories d’exploitations. Toutefois, elles étaient particulièrement plus nombreuses dans les troupeaux avec signes cliniques formellement rapportés. Enfin, l’augmentation de fréquence des gestations courtes était d’autant plus élevée que l’exposition au virus des vaches était survenue  à un stade de gestation avancé. L’augmentation était plus importante dans les élevages ayant rapporté des signes cliniques de la maladie et quand l’exposition au virus survenait à un stade de gestation avancé. La fréquence des durées de gestation courtes s’élevait ainsi à 19,4% en l’absence d’exposition au virus et à 33,6% chez les vaches exposées entre 270 et 278 jours de gestation (+14,2%).

Cette étude est à notre connaissance la première à quantifier l’effet associé à l’exposition à un virus chez les bovins. Les mécanismes physiopathologiques sous-jacents restent toutefois à démontrer. Notre étude confirme cependant, pour les maladies ne donnant lieu qu’à des signes cliniques inconstants et discrets et/ou non ou peu spécifiques, l’intérêt de la surveillance de la fréquence des durées de gestation courtes comme indicateur de suspicion d’émergence ou de réintroduction dans un territoire.

Partenaires : ce travail a été réalisé à l’UMR BioEpAR

Publication associée : Nusinovici, S., Madouasse, A., Fourichon, C., 2016. Quantification of the increase in the frequency of early calving associated with late exposure to bluetongue virus serotype 8 in dairy cows: implications for syndromic surveillance. Vet. Res. 47, 18. doi:10.1186/s13567-015-0296-7

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Santé animale
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Pays de la Loire