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Des pyramides contre la tavelure du pommier ?

Associer des résistances génétiques différentes pour prolonger leur efficacité.

Symptômes de résistance à la tavelure chez un génotype de pommier, 14 jours après inoculation par une souche de Venturia inaequalis.. © Inra, G. Laloi
Mis à jour le 27/09/2016
Publié le 26/09/2016

L’utilisation de variétés résistantes permet de réduire l’usage des fongicides. Cependant, les agents pathogènes peuvent évoluer et contourner les résistances des plantes. Il est donc nécessaire d’élaborer des stratégies pour améliorer leur durabilité.

Combiner ("pyramider") des gènes de résistance agissant de manière complémentaire contre les agents pathogènes pourrait être une solution. Cette hypothèse a été testée dans le cas de la tavelure du pommier, maladie causée par le champignon Venturia inaequalis. Dans un premier temps, la durabilité d’une résistance basée sur 1 QTL (= Quantitative Trait Locus, i.e. zone du génome impliquée dans la variation quantitative du caractère étudié, ici la résistance) a été évaluée. L’expérimentation a été conduite sur une durée de 8 ans dans un verger où les arbres présentaient cette résistance. Des souches de V. inaequalis ont été échantillonnées dans ce verger et leur agressivité a été évaluée par des inoculations de pommiers possédant le QTL étudié en conditions contrôlées. Il a ainsi été montré que la résistance étudiée sélectionne des souches agressives.

Pourtant la perte d’efficacité de cette résistance au verger reste lente. L’intérêt du pyramidage de ce QTL avec 2 autres QTLs de résistance dans une même variété a ensuite été testé. En utilisant des souches de V. inaequalis de différents niveaux d’agressivité, il a pu être montré que le pyramidage des 3 QTLs est plus efficace que les QTLs utilisés seuls. Ce résultat s’explique par le fait que ces QTLs agissent à différents stades du cycle infectieux du champignon: à un stade très précoce dès sa pénétration ou ultérieurement lors de sa croissance sub-cuticulaire et de sa sporulation. Le pyramidage des 3 QTLs combine ces effets. L’étape suivante, qui est en cours, consiste à déterminer si les voies métaboliques de la plante contrôlées par chaque QTL agissent de manière synergique lors de l’infection.

Partenaires : ces résultats ont été obtenus conjointement par les équipes de recherche EcoFun et ResPom de l’UMR IRHS et l’Unité Expérimentale Horticole à Angers, dans le cadre des travaux de thèse de G. Laloi (thèse cofinancée Inra-Région Pays de la Loire) et avec le soutien du métaprogramme INRA SMaCH (projet ARAMIS).

Publications associées :

  • Caffier, V., Le Cam, B., Al Rifaï, M., Bellanger, M.-N., Comby, M., Denancé, C., Didelot, F., Expert, P., Kerdraon, T., Lemarquand, A., Ravon, E., & Durel, C.-E. (2016). Slow erosion of a quantitative apple resistance to Venturia inaequalis based on an isolate-specific Quantitative Trait Locus. Infection, Genetics and Evolution, 44, 541-548.
    DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.meegid.2016.07.016
  • Laloi, G., Vergne, E., Durel, C. E., Le Cam, B., & Caffier, V. (2016). Efficiency of pyramiding of three quantitative resistance loci to apple scab. Plant Pathology.
    DOI: http://dx.doi.org/10.1111/ppa.12581
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