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Des alternatives au glyphosate dans le contexte d’adoption de bonnes pratiques

L’Unité Expérimentale Horticole du site Inra d’Angers s’engage dans la démarche d’arrêt de l’utilisation du Glyphosate.

Appareil de désherbage, unité expérimentale Horticole © Horti
Mis à jour le 19/12/2018
Publié le 18/12/2018

L’Unité Expérimentale Horticole du site d’Angers est engagée dans une démarche d’adoption de bonnes pratiques : certification verger écoresponsable (depuis 2001), certification Haute Valeur Environnementale de niveau 2 (depuis 2013), mise en place d’un verger conduit en AB (2014), Certification ISO 14 001, démarche Système de Management Environnemental de l’INRA (depuis 2015), arrêt de l’achat des produits CMR (cancérogène, mutagène et reprotoxique) (depuis 2016).

Pour aller vers la suppression de l’utilisation du glyphosate, l’unité a mis en place différentes pratiques :

Pourquoi désherbe t’on les rangs des vergers ?
Tout d’abord il s’agit de limiter la concurrence (eau, éléments minéraux) entre l’arbre et les "adventices". Par ailleurs, la couverture du sol protège les campagnols (petits rongeurs qui se régalent des racines des arbres) du regard et donc de la régulation de leur population par les rapaces. De ceci découle également le fait que les techniques alternatives pour limiter l’enherbement, bâchage, paillage, mulchage, enherbement "contrôlé" ne sont possibles que s’il y a des solutions alternatives pour se prémunir des campagnols. Enfin l’irrigation du verger, indispensable au bon développement des arbres fruitiers et de leurs fruits, favorise également le développement des adventices sur le rang et augmente encore la nécessité de lutter contre celles-ci.

Quelle quantité de désherbant chimique utilise t’on annuellement ?
En terme d’intervention chimique, le désherbage des rangs demande 3 interventions par an. Sachant que le rang représente 1/3 de la surface totale, l’IFT (indice de fréquence des traitements) herbicide est donc de 1. L’unité expérimentale Horticole horticole a déjà testé des scénarios alternatifs (remplacement d’un désherbage chimique par 2 interventions mécaniques), ou dans le cadre de ses parcelles conduites en Agriculture Biologique (3 à 5 désherbages mécaniques en lieu et place des 3 chimiques).

Pourquoi ne pas avoir abandonné complétement le chimique depuis longtemps ?
Par rapport au désherbage chimique qui fait appel à des produits systémiques (round up) ou rémanents, le désherbage mécanique ne détruit pas systématiquement l’ensemble de la flore adventice.
Le nombre de passages dans le verger est donc plus important, et la vitesse d’avancement du tracteur doit être divisée par 2. Le temps consacré à cette opération est donc plus important. Ceci implique également une plus grande utilisation de fuel… et donc de rejet de CO2.
Il faut également considérer comme facteurs limitants, la qualité du sol (très pierreux sur le site de Beaucouzé) et la fragilité du matériel de désherbage. Le salissement du sol par les mauvaises herbes peut également nuire à l’efficacité du désherbage mécanique, ce qui implique des passages très réguliers. Enfin, les jeunes vergers (moins de 4 ans) constituent un problème spécifique car les jeunes arbres résistent difficilement à la rudesse du désherbage mécanique (cf. photo en haut de page).

Appareil de désherbage. © Inra, Horti
Appareil de désherbage © Inra, Horti

En conclusion, même si des solutions techniques existent, l’arrêt du glyphosate, sans le substituer par un autre produit chimique, constitue un joli challenge à relever dans un délai contraint.

Cette démarche grandeur nature mise en place à Angers, devrait permettre de faire un état des lieux, des enjeux, des opportunités, du recours au glyphosate dans les différentes entités de l'INRA, lié à l'arrêt de cette molécule. L’ambition étant que la récolte 2020 soit la dernière utilisant le glyphosate à l’INRA.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire

En savoir plus

L'unité expérimentale Horticole

L’UE Horticole est un domaine multisites de 107 ha (82 ha de SAU) s’étendant sur 4 communes du Maine-et-Loire, dans un rayon de 25 kilomètres.

Les essais mis en place concernent les genres Malus (pommier), Pyrus (poirier), Cydonia (cognassier), Prunus (Pêchers, abricotiers, cerisiers), Rosa, Forsythia, Lonicera, Clématis, quelques genres de la tribu des Genisteae, etc.

Les activités de l’UE consistent à :

  • Préparer le matériel végétal (greffage, écussonnage, semis en pépinière) ;
  • mettre en place les cultures (assolement, préparation des sol, drainage, irrigation, palissage, filet paragrêle, plantation...) ;
  • conduire les vergers (taille, éclaircissage, désherbage, suivi et traitements phytosanitaires, récoltes...) ;
  • noter et phénotyper les essais (en parcelles : relations hôte/bioagresseurs, incidence et sévérité des attaques, notation des stades phénolgiques, floribondité... A la récolte : calibrage et caractérisation des fruits : maladies, qualité, maturité...) ;
  • arracher les dispositifs et remettre en état les parcelles.

Le pilotage des vergers et expérimentations se fait par le biais d’observations mais aussi de modèles tournant sur 3 stations météorologiques implantées sur les 2 sites. De plus l’unité est équipée de sondes capacitives et tensiométriques permettant un pilotage fin des expérimentations (e.g. essai porte-greffe résistant à la sécheresse). Un piège à spores permet de relever les dates d’émissions de spores de tavelure et l’intensité relative de ces émissions.

En complément l’ensemble d’un des 2 sites a été caractérisé agronomiquement dans le cadre du projet CAREX (Caractérisation des unités expérimentales de l’Inra).

Télécharger la fiche unité :

Fiche unité Horticole