Xenobio-TICK [Institut Carnot France Futur Elevage]

Séquencer le transcriptome des tiques pour le développement de nouveaux acaricides.

Tique
Mis à jour le 09/05/2017
Publié le 04/05/2017

A l’échelle mondiale, les tiques sont les ectoparasites qui ont le plus de conséquences économiques sur l’élevage. En raison de leur régime alimentaire strictement hématophage, elles ont des conséquences négatives sur la santé animale à travers la déplétion sanguine, notamment dans les zones tropicales. De plus, les tiques transmettent de nombreux pathogènes, incluant les agents étiologiques de maladies tropicales majeures pour le bétail (théilérioses et babésioses bovines, cowdriose…) qui sont largement distribuées, notamment dans les départements et régions d’outre-mer (Nouvelle Calédonie, Antilles, île de la Réunion…).

En Europe, l’impact des maladies à tiques chez les bovins est plus limité mais leur importance est renforcée par leur nature zoonotique. Les animaux de rente étant prisés par les tiques adultes (incluant l’espèce la plus fréquente en Europe, Ixodes ricinus, qui pique aussi l’homme) pour leur repas sanguin, ils constituent donc des hôtes importants pour les maladies vectorielles humaines (notamment la maladie de Lyme, maladie vectorielle la plus fréquente dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord.

Jusqu’à présent, la lutte contre les tiques repose principalement sur l’utilisation d’acaricides chimiques. Ces molécules peuvent avoir des effets négatifs sur l’homme, les animaux de rente (toxicose, changements comportementaux) et les écosystèmes (par exemple sur des organismes non-cibles comme les insectes coprophages). De plus, des résistances aux acaricides ont d’ores et déjà été observées chez des tiques dans différentes régions du monde. L’émergence de résistance chez les tiques favorise l’utilisation de doses plus importantes d’acaricides et aggrave les problèmes liés aux effets non-intentionnels des acaricides. Il y a donc un besoin de développer de nouveaux acaricides qui vont cibler très spécifiquement les tiques et ainsi limiter leurs effets négatifs non-intentionnels.

Le projet Xenobio-TICK est un projet Institut Carnot France Futur Elevage (ICF2E).

L’objectif du projet Xenobio-TICK est de séquencer en profondeur le transcriptome des tiques afin d’identifier et de caractériser de nouveaux gènes de neurorécepteurs, les plus divergents possible de ceux des insectes, qui seront utilisés comme cibles spécifiques aux tiques pour le développement de nouveaux acaricides. Après avoir été identifié par des outils bio informatiques, ces nouveaux neurorécepteurs seront caractérisés fonctionnellement et leur sensibilité à certaines molécules sera étudiée. La variabilité génétique de ces récepteurs sera aussi estimée afin d’estimer la potentielle durabilité de l’acaricide qui ciblera ce récepteur. Bien que le criblage haut débit d’un grand nombre de molécules sorte de la portée de Xenobio-TICK, ce projet, en rendant disponible des récepteurs neuronaux exprimables et fonctionnels en système hétérologue, constituera une avancée majeure afin de développer un criblage automatisé de molécules ciblant ces récepteurs.Le projet devrait permettre le développement d’une collaboration avec des partenaires industriels pour le développement de nouveaux acaricides à forte efficacité et présentant moins d’effets non-intentionnels.

Partenaires : ce projet, financé par l'appel à projet 2016 de l'Institut Carnot "France Futur Elevage, est porté par l'UMR BIOEPAR et a démarré en 2017 pour une durée de 30 mois. Deux autres unités sont partenaires du projet : l'UMR ISP (centre Inra Val de Loire) et l'USC LBLGC (Laboratoire de Biologie des Ligneux et des Grandes Cultures, centre Inra Val de Loire)

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Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire, Val de Loire