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La vie secrète des tiques présentée au salon de l'Agriculture

Une équipe de l'unité BIOEPAR a expliqué au public, sur le stand INRA, comment les tiques s’adaptent à leur environnement, perçoivent la présence d’hôtes au sein de leur agroécosystème, se reproduisent et se développent.

Observation de la vie secrète des tiques dans un terrarium,  illustrant les différents biotopes dans lesquels on trouve les tiques (mousses et litière de forêt, pâtures, culture) © N. Mansion
Mis à jour le 20/03/2019
Publié le 05/02/2019

Le Salon International de l’Agriculture ce n’est pas moins de 672 000 visiteurs en 2018 et près d’un visiteur sur trois passant une journée entière sur place. Ce salon est donc une excellente occasion de sensibiliser un grand public, curieux des recherches effectuées à l’Inra. 

L’équipe "Ticks and Tick-Borne-Diseases" (TiBoDi) de l’unité INRA ONIRIS "Biologie, Epidémiologie et Analyse de Risque en santé animale" (BIOEPAR), basée à Nantes, en collaboration avec l'unité BIPAR de Maison-Alfort, a proposé d’observer des tiques vivantes dans deux terrariums où ont été reconstitué leur biotope naturel. Les visiteurs ont pu ainsi observer à l’œil nu, ou avec des loupes, des femelles en train de pondre leurs milliers d’œufs dans une litière forestière et des tiques à l’affut en quête d’un hôte à l’extrémité de brins d’herbe. Une loupe binoculaire a permis de les observer à un plus fort grossissement.

Visite de Mr François de Rugy, ministre de la transition écologique, sur le stand de l'Inra ausalon de l'agriculture. Paris, 26 février 2019.. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand
Visite de Mr François de Rugy, ministre de la transition écologique, sur le stand de l'Inra ausalon de l'agriculture. Paris, 26 février 2019. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand

Les recherches de l’équipe TiBoDi de l’UMR BIOEPAR portent sur les tiques et les maladies que transmettent ces arthropodes vecteurs, à travers diverses approches allant de la génomique à l’écologie des communautés, en passant par la dynamique des populations, la parasitologie et l’infectiologie.

LA TIQUE, VOYAGEUSE IMMOBILE

Tout le monde connaît les tiques. Et pour cause, ces acariens présents partout en France sont avec les moustiques, les principaux vecteurs de pathologies transmissibles à l’homme. À commencer par la maladie de Lyme, en progression sur l’ensemble du territoire. Mais les animaux, et notamment les bovins, ne sont pas épargnés. Lors de leur repas de sang, les tiques peuvent leur transmettre un parasite responsable de la piroplasmose, une pathologie proche du paludisme et potentiellement mortelle. Mais comment cet acarien, à la mobilité réduite et privilégiant l’humidité des milieux forestiers, parvient-il à planter son rostre dans le cuir d’une vache en pâture ou dans le mollet d’un randonneur en rase campagne ? Eh bien en faisant de l’animal-stop ! Au cours de sa vie, la tique doit effectuer trois repas de sang pour passer de la larve (presque un adulte en miniature) à la nymphe, puis au stade adulte. Et pour cela, elle s’agrippe, suivant sa taille, à de petits animaux tels que les rongeurs et les oiseaux, ou à de plus grands mammifères, par exemple les cervidés, dont certains peuvent héberger les agents pathogènes qui la contamineront. Or, ces animaux sont capables de parcourir de très longues distances, favorisant la dissémination des tiques qu’ils transportent bien malgré eux. D’autant que le repas de sang peut durer longtemps : plus de dix jours pour les femelles adultes ! Le projet OSCAR, mené de 2012 à 2016, s’est efforcé d’évaluer le rôle de la faune sauvage et de l’organisation des paysages dans la dynamique des populations de tiques. Il s’est aussi attaché à mesurer la densité de tiques infectées dans les différents milieux. L’étude mise en place dans deux grandes zones (Bretagne et Vallons et Coteaux de Gascogne) comprenait près de 1 800 points d’échantillonnage répartis dans trois types d’habitats : forêts, lisières des bois et haies bordant les prairies. Des milliers de tiques ont été prélevées sur le terrain, mais également sur les micromammifères et chevreuils, ces derniers ayant en outre été munis de colliers GPS afin de mesurer leurs déplacements. Les analyses ont ainsi montré que 2 à 5 % des tiques et micromammifères étaient porteurs de pathogènes. L’étude a également mis en avant l’impact du paysage agricole dans la dissémination des acariens. Ceux-ci, par exemple, sont davantage présents dans les prairies bordées de haies hautes et denses que dans les champs dépourvus de ce type de végétation. Des analyses statistiques ont permis d’estimer le nombre de tiques et d’hôtes présents dans un milieu, en fonction de sa nature et sa localisation par rapport aux milieux adjacents et aux variables climatiques. Et un logiciel permet dès à présent de générer des paysages virtuels et ainsi mesurer l’impact des changements dans la structure du paysage, par exemple l’ajout de haies ou la diminution des surfaces forestières dans la densité et la propagation des tiques.

Voir le dossier "La vie secrète" INRA : Dossier grand public SIA2019 La vie secrète d

Au sein du stand Inra, les animations proposées expliqueront comment les tiques s’adaptent à leur environnement (notamment abiotique : humidité, température…), perçoivent la présence d’hôtes au sein de leur agro-écosystème (adultes en comportement de quête d’hôte à l’extrémité d’un brin d’herbe), se reproduisent et se développent (femelles en train de pondre).

Femelle tique et train de pondre. © Inra, N. Mansion
Femelle tique et train de pondre © Inra, N. Mansion

Présentation de la biologie des organismes au public, avec Suzanne Bastian du salon de l'agriculture. © Inra, N. Mansion
Présentation de la biologie des organismes au public, avec Suzanne Bastian du salon de l'agriculture © Inra, N. Mansion

La vie secrète des tiques, avec Muriel Vayssier-Taussat, chef du département Santé animale, avec Olivier Plantard, Directeur de recherche Inra à l'unité BIOEPAR. © Inra, N. Mansion
La vie secrète des tiques, avec Muriel Vayssier-Taussat, chef du département Santé animale, avec Olivier Plantard, Directeur de recherche Inra à l'unité BIOEPAR © Inra, N. Mansion

Les visiteurs pourront découvrir cette vie secrète des tiques dans un terrarium illustrant les différents biotopes dans lesquels on trouve les tiques (mousses et litière de forêt, pâtures, culture), avec des tiques vivantes (dont 1 ou 2 femelles gorgées en train de pondre et des mâles et femelles de différentes espèces pour illustrer leur biodiversité). Des loupes permettront aux visiteurs d’observer le contenu du terrarium depuis l’extérieur. Différents films illustrant la biologie des tiques et des maladies qu’elles transmettent, permettront un support de discussion avec les visiteurs.

En savoir plus sur l'UMR BIOEPAR https://www6.angers-nantes.inra.fr/bioepar

Une sélection de résultats de recherche du centre Inra Pays de la Loire en santé animale

Résultats de recherche en santé animale

Communiqué de presse

La vie secrete des tiques au SIA 2019

Contact(s)
Organisateur(s) :
Olivier Plantard
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire