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Biberons : quels risques à utiliser l’eau du robinet ?

Évaluation des risques sanitaires pour préparer les formules infantiles pour nourrissons en France.

Évaluation des risques sanitaires associés à l’utilisation de l'eau du robinet pour préparer les formules infantiles pour nourrissons en France.
Mis à jour le 06/07/2018
Publié le 26/06/2018

Les formules infantiles en poudre sont reconstituées avec de l'eau avant consommation. L’eau du robinet (eau de distribution publique) peut être utilisée pour la préparation du biberon moyennant quelques précautions même si d’un point de vue microbiologique elle n'est pas stérile et d’un point de vue chimique elle peut contenir des traces de contaminants. Le but de l'étude était de développer un modèle mathématique pour évaluer les risques sanitaires (microbiologiques et chimiques) associés à l'utilisation de l'eau du robinet pour la préparation de laits 1er et 2ème âge en France (durant les six premiers mois de la vie).

Deux dangers de préoccupation majeure, associés à l’eau du réseau, ont été sélectionnés : Cryptosporidium et arsenic. Cryptosporidium est un parasite qui se trouve rarement dans l’eau du robinet mais qui est résistant à son traitement et qui peut provoquer des diarrhées pouvant entrainer la mort chez le nourrisson. L’arsenic est un élément naturel de la croûte terrestre qui est largement répandu dans l'eau de réseau, à des niveaux variables selon les régions, et dont une exposition chronique peut entrainer des cancers du poumon et de la vessie.

Les travaux de l’équipe s’inscrivent dans un domaine de recherche émergent : l’évaluation globale des risques ou multi-risques.
Il s’agit, à partir d’un modèle mathématique utilisant des données françaises et européennes, de mesurer une probabilité de maladie, au niveau individuel et au niveau de la population, lors de l’utilisation de l’eau du robinet dans les préparations infantiles. Les évaluations ont été faites à partir de deux scénarios de préparation du lait : l’un utilisant de l’eau du robinet bouillie et l’autre de l’eau du robinet non bouillie. La préparation du lait avec de l’eau commerciale en bouteille a été considérée comme un scénario de référence ne présentant pas de risque pour ces deux dangers sélectionnés.

L’impact de ces pratiques sur la population a été évalué en DALYs (Disability Adjusted Life Years) : nombre d’années perdues du fait d’une mort précoce et / ou d’une diminution de la qualité de vie résultant des incapacités consécutives à cette maladie.

La consommation de formules infantiles réhydratées avec de l'eau du robinet non bouillie pendant les six premiers mois de vie pourrait conduire à des infections à Cryptosporidium et ainsi à une perte de 2 250 années en parfaite santé ou DALYs pour 100 000 nourrissons (intervalle d'incertitude 90% [960; 7 650]) et à des cancers associés à l’exposition à l'arsenic induisant une perte d’ 1 DALY [0.4; 2] pour 100 000 nourrissons.

L’utilisation d’une eau bouillie supprimerait le risque de Cryptosporidium. En revanche, le risque de cancer, bien que faible au niveau de la population, reste plutôt élevé chez les nourrissons ayant un niveau élevé d'exposition à l'arsenic.

Partenaires : ce travail de recherche a été conduit en partenariat entre les unités mixtes de recherche INRA/Oniris, SECALIM et LABERCA à Nantes et en collaboration avec l’University College of Dublin (l’UCD). Il fait partie intégrante de la thèse d’Université conduite par Géraldine Boué (soutenue en juillet 2017) et du stage de Master 2 de Luiza Wasiewska (Master en sécurité des aliments réalisé à l’université Wageningen aux Pays-Bas).

Publication associée : Boué, G., Wasiewska, L. A., Cummins, E., Antignac, J. P., Le Bizec, B., Guillou, S., & Membré, J. M. (2018). Development of a Cryptosporidium-arsenic multi-risk assessment model for infant formula prepared with tap water in France. Food Research International, 108, 558-570.

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Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Microbiologie et chaîne alimentaire
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire